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Jardins du Maroc
Jardins du Maroc : Premier Portail marocain sur les jardins et le bien être
Premier Portail marocain sur les jardins et le bien être

  • Le coquelicot: une jolie fleur des champs
    Le coquelicot est une plante dicotylédone de la famille des Papavéracées, ou pavots. Très abondant dans les terrains fraîchement remués à partir du mois d'avril en Europe, il se distingue par sa couleur rouge et par le fait qu'il forme souvent de grands tapis colorés visibles de très loin et qui ont souvent inspiré les peintres impressionnistes .
    Le coquelicot: une jolie fleur des champs
    Le coquelicot est une plante annuelle d'apparence fragile, à l'image de sa tige très fine et velue, peu ramifiée, qui se révèle immanquablement dans les terrains fraîchement remués : les champs (plante jadis messicole mais les herbicides l'y ont chassé pour deux raisons principales : sa graine toxique peut se mêler aux grains de blé et elle concurrence directement la céréales), les bords de chemins ou les terrains vagues.
    Lorsqu'on la coupe, elle laisse échapper un suc laiteux, comme les autres pavots.
    Les feuilles, généralement sessiles et alternes, sont découpées en lobes étroits et dentés. Les fleurs comportent quatre pétales un peu froissés qui se recouvrent peu. Leurs nombreuses étamines ont des anthères noir bleuté. Les fruits (à ne pas confondre avec les fleurs en boutons) sont des capsules glabres contenant une grande quantité de graines, facilement disséminable par le vent.
    Le sommet du fruit du coquelicot est percé d'une série d'ouvertures par lesquelles s'échappent les graines, comme les grains de sel hors de la salière à couvercle perforé.
    Comme tous les pavots, le coquelicot a des effets narcotiques dus aux alcaloïdes qu'il contient.
    En phytothérapie, on utilise ses pétales séchés, dont on fait le plus souvent des tisanes. Ses effets apaisants se font sentir sur l'adulte, mais surtout sur les jeunes enfants (on mélangeait autrefois du coquelicot à la bouillie des enfants pour faciliter leur sommeil). Par ses propriétés émollientes, sédatives et béchiques, le coquelicot est un calmant de la toux et des irritations de la gorge. Il est alors utilisé sous forme de pastilles à sucer. Il existe un sirop de coquelicot.
    Même si elles sont moins grosses que celles de certains pavots, les graines du coquelicot sont utilisées comme elles en pâtisserie ou pour confectionner des pains aromatisés.
    Si l'on ne peut pas se passer de les cueillir pour en faire un bouquet, on empêche les fleurs de se faner dans la journée en prolongeant leur épanouïssement par la cautérisation de la tige à l'endroit où elle a été coupée.
    Dans le langage des fleurs, le coquelicot incarne « l'ardeur fragile » Les noces de coquelicot symbolisent les 8 ans de mariage dans le folklore français.
    Le coquelicot a également été associé au XXe siècle, en particulier dans les pays du Commonwealth (Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande…) au souvenir des combattants, et tout spécialement des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, à l'instar du bleuet en France.
    Cette allégorie du coquelicot découle d'un poème datant du printemps 1915, écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin du Corps de santé royal canadien qui fut témoin de la terrible seconde bataille d'Ypres. Il s'intitule In Flanders Fields (Au champ d'honneur). En fait, les coquelicots fleurissaient dans les pires champs de Somme et des Flandres, et leur couleur rouge était un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre de tranchées.
    De plus, une Française, Madame E. Guérin, proposa à l'époque au maréchal britannique Douglas Haig que les femmes et les enfants des régions dévastées de France produisent des coquelicots afin de recueillir des fonds pour venir en aide aux gueules cassées. En novembre 1921, les premiers coquelicots furent distribués. La tradition se poursuit depuis.



    Le coquelicot: une jolie fleur des champs



  • Faire renaître la mémoire d'Aghmat
    Le projet archéologique d'Aghmat qui a démarré en 2005 dans le cadre d'une convention entre l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine et de l'Université de Vanderbilt aux USA, se veut une initiative singulière destinée à faire renaître la mémoire de ce site et à le valoriser davantage
    Faire renaître la mémoire d'Aghmat
    Placé sous la direction de Ronald Messier, Abdallah Fili et Larbi Erbati, professeurs universitaires et archéologues confirmés, ce projet se propose de déterrer le vieux Hammam d'Aghmat gisant depuis longtemps sous les déblais d'un champ récupéré par l'activité agricole.

    Les travaux ont été financés par l'ambassadeur Frederick Vreeland et son épouse Vannesa, l'Institut américain des études maghrébines et la Commission maroco-américaine, sachant que depuis 2009, une fondation baptisée «Aghmat» a été créée dans le but de poursuivre les recherches archéologiques et de préserver les vestiges découverts.

    Dans ce sens, il convient de noter qu'un effort considérable a été consenti pour se procurer un terrain de 2,5 ha sur lequel seront construit un centre d'interprétation et un musée, où les objets mis au jour pendant les fouilles, seront exposés, expliquent les initiateurs de ce projet, relevant que d'importants travaux de restauration ont été entrepris afin de préparer l'ouverture du site au public

    Le hammam d'Aghmat seul vestige encore debout
    Faire renaître la mémoire d'Aghmat
    Situé au cœur du tissu urbain ancien d'Aghmat, le hammam représente le seul vestige encore debout de cette agglomération. Son plan épouse forme trapézoïdale constituée de trois salles couvertes d'une voûte en plein cintre, construite par des moellons de l'oued inondés dans un mortier en chaux.

    Les dimensions de la salle chaude sont moins grandes par rapport aux deux autres salles, alors que sa hauteur sous-plafond est plus importante que celle des autres.

    Le plan tranche clairement avec les plans de hammams islamiques connus au Maroc et en Andalousie aussi bien à l'époque Almouahade (Ksar Sghir), qu'à l'époque Mérinide (Chellah, Fès, Rabat). Cependant, il présente des corrélations évidentes avec des hammams andalous des 11 et 12è siècles.

    Selon les initiateurs du projet, le travail acharné mené sur le terrain a permis de collecter des éléments carboniques afin de pouvoir dater par C14 les différents niveaux du hammam. En effet, son niveau de construction originel date du 10è siècle, et son abandon de la fin du 14è siècle.

    Ainsi, le hammam correspond à une étape glorieuse de la ville d'Aghmat à savoir le moment où elle jouissait encore du rôle de capitale régionale, plus d'un siècle et demi avant l'édification de Marrakech.

    Au sud du hammam, se tient un bâtiment presque indépendant. Il s'agit d'une salle de repos, destinée à l'accueil des clients, et se présente sous forme d'une cour centrale à ciel couvert, entourée de galeries sur les quatre côtés, et dallée en briques cuites disposées en chevrons.

    Poursuite des fouilles archéologiques
    De l'avis des initiateurs du projet, les fouilles archéologiques menées sur le site d'Aghmat ont révélé aussi en partie un édifice rectangulaire organisé autour de bassins, eux-mêmes entourés de part et d'autre par une enfilade de piliers formant deux galeries sur les côtés est et ouest. Au Nord du bâtiment, une salle d'apparat occupe l'ensemble de la façade. Elle est accessible grâce à une grande porte. Les bassins de forme barlongue s'imposent au centre de la cour à galeries de l'édifice. Il est difficile dans l'état actuel des recherches de préciser si cette tripartition est le résultat de l'évolution de cette structure ou s'il s'agit de son plan originel. Et de poursuivre qu'il s'agit en effet, d'un palais dont la structure est très solide et équilibrée qui s'étend, pour le moment, sur plus de 250 m2. Les travaux continuent pour définir les composantes de cet édifice et ses limites. Le palais d'Aghmat est rattaché au 14e siècle mais révèle des réfections successives permettant de supposer son évolution sur une période historique importante avant son abandon.

    Une infrastructure hydraulique complexe
    Au cours de la précédente mission, «nous avions découvert une canalisation médiévale (Tassoltant Qabila) alimentant en eau potable le hammam et d'autres bâtiments environnants. Continuer son dégagement, nous a permis de dévoiler une pièce d'un puzzle encore en construction», expliquent les archéologues. Et de préciser que cette canalisation, orientée Nord-sud, fait partie d'un réseau complexe et performant, permettant d'alimenter la ville et chacun de ses bâtiments en eau potable. Dans sa partie nord, elle est divisée en deux branches dont l'une se dirige vers la vasque octogonale et l'autre vers l'intérieur du hammam.



  • Le Parc Jnane Sbil renait de ses cendres
    La cure de jouvence du parc Jnane Sbil a coûté 30 millions de DH. Elle concerne entre autres la réhabilitation du patrimoine végétal, hydraulique et la création d'un nouvel espace fleuri.
    Le Parc Jnane Sbil renait de ses cendres



    C'est l'histoire d'une renaissance. Le Parc Jnane Sbil renait de ses cendres et retrouve sa splendeur d'antan.
    Et c'est grâce à la volonté de Son Altesse Royale La Princesse Lala Hasnaa, Présidente de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement. Lors de la cérémonie de sa réouverture, présidée le 07 juin par Son Altesse Royale, l'on découvre, après plusieurs mois de travaux, un exceptionnel patrimoine architectural et paysager. Un grand jardin composé de grandes allées bordées de vastes étendues de pelouses, de bosquets, de plantations florales, de séguias, de belles fontaines et d'arbres remarquables. La réhabilitation a été par ailleurs menée dans le respect de la conception d'origine du jardin et des intentions premières de son créateur, le sultan Moulay Abdallah. Les études se sont en fait appuyées sur les documents d'origine (archives, plans, photos, textes, etc.) et sur les témoignages de façon à respecter la mémoire du jardin et ses fondements d'origine. En détail, les travaux de la première tranche ont compris l'ensemble des lots «Jardin andalous», «Jardin des babous», Oueds et la Noria ».

    Les travaux de réaménagement du Jardin andalou ont concerné la réhabilitation intégrale du mail central, le réaménagement de l'allée des washingtonias et la réhabilitation de la Seguia, la réhabilitation du bloc sanitaire existant et la réfection de la principale porte ainsi que l'aménagement de rampes pour personnes à mobilité réduite.

    Les travaux de réhabilitation des Jardins des Bambous, Oued et Noria ont concerné la réhabilitation des jardins, la réfection des murs de clôture et le remplacement des grilles de protection qui longent le jardin des bambous, le réaménagement des ponceaux et la mise à niveau des bergers des oueds, l'aménagement des bâtiments désaffectés et leur transformation en locaux administratifs et techniques et la réhabilitation de la Noria. La deuxième tranche a compris de son côté le jardin des parfums et des senteurs, situés au sud-est du lac. Le jardin se découpe en fait, en parterres géométriques plantés de roses et de plantes aromatiques et cactées. Le dessin s'est inspiré, d'après un dossier de présentation du projet de réhabilitation du parc Jnane Sbil, du tracé initialement prévu en 1939. Les travaux ont compris l'aménagement global de tous les lots confondus ainsi que la réhabilitation du lac, de ses ouvrages hydrauliques et des abords. A noter que cette cure de jouvence du parc Jnane Sbil devrait coûter quelque 30 millions de DH. Mais au-delà, la ville de Fès s'enrichit d'un espace de vie et de détente dans un écrin magnifique de verdure et de pierres centenaires. Un lieu convivial et un beau chemin de promenade pour les Fassis.
    Jnane Sbil, un morceau d'histoire de Fès
    Aménagé au XVIIIème siècle par le sultan Moulay Abdallah sur une superficie de 7, 5 ha, le jardin Jnane Sbil constitue le plus ancien et le plus prestigieux jardin public de la ville de Fès. Abandonné dans un état de délabrement avancé pendant de longues années, le jardin retrouve une seconde vie grâce à la volonté de son Altesse Royale Lalla Hasnaa, Présidente de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement. La restauration du Parc Jnane Sbil de Fès s'inscrit dans le cadre du programme « restauration des jardins historiques », initié par son Altesse Royale La princesse Lalla Hasnaa, Présidente de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement en 1999.



  • L'abricot : un petit bijou d’onctuosité et de saveur.
    L'abricot est le fruit d'un arbre de petite taille appelé abricotier, de la famille des Rosaceae. Le nom scientifique de l'abricot est Prunus armeniaca. L'abricotier appartient, comme les pruniers, au sous-genre des Prunus.
    L'abricot : un petit bijou d’onctuosité et de saveur.
    L'abricot est un fruit léger avec un apport calorique de (47 Kcal/100g) ; car Un fruit moyen n'apporte que 30 Kcal tout. Il constitue une excellente source de fibres de très bonne qualité et parfaitement digeste, il agit généralement sur la paresse intestinale.

    Utilisé également en cosmétique : la pulpe d'abricot est astringente comme masque, car elle resserre les pores de la peau et la revitalise.En plus l’abricot est riche en vitamines A B1, B2, B3, C, k, le phosphore et le magnésium qui sont essentiels pour la mémoire, aussi il’abricot est une source de Fer , de Cuivre , de Potassium et d’’Acide pantothénique.

    Parmi les nombreuses variétés existantes, on peut citer
    •Early Blush, Tomcot,Orangered, Jumbocot, Kioto, Bergarouge, Polonais ou Orangé pour le bassin ; Languedoc-Provence.
    •Principalement Bergeron en Rhône-Alpes.
    •Rouge, Hélèna et Royal du Roussillon

    Connue pour son effet anti-rides et rajeunissant sur tous les types de peau, depuis la nuit des temps des vertus, L'huile de noyau d'abricot est composée de 90% d’Acides Gras Insaturés ; elle est émolliente, nourrissante et revitalise les peaux atones et fatiguées. Convient également pour les massages des bébés, ainsi elle soulage les articulations, prévient la chute des cheveux et les marques de grossesses. Elle est aussi recommandée pour nourrir les couches superficielles de la peau du visage et lui redonner de l'élasticité.
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  • "Jardin'Art" de par sa démarche éducative, a été conçu pour contribuer à la protection de l'environnement
    Marrakech - Le Festival de l'art du Jardin (Jardin'Art) de par sa démarche éducative, esthétique et festive, a été conçu de manière à contribuer positivement à la sensibilisation du public quant à la nécessité de protéger l'environnement, promouvoir l'écotourisme et à réaliser le développement durable escompté, a souligné Abderrezak Benchâabane, initiateur de ce festival.
    Dans un entretien accordé à la MAP dimanche à Marrakech en marge de la clôture de la 4ème édition de ce festival initiée du 16 au 18 avril, sous le signe "Jardin et Santé", Benchâabane a ajouté que ce festival, l'unique du genre au Maroc et dans le monde arabo-africain, a la particularité de faire participer les citoyens à un projet commun à savoir celui de relever les défis imposés en matière de protection de l'environnement.

    Et de poursuivre que cette manifestation de proximité se propose d'abord de sensibiliser les marrakchis et les autres habitants de la ville quant à l'impératif de protéger, sauvegarder et promouvoir son patrimoine écologique, un legs que des générations de jardiniers et de bâtisseurs ont eu le grand honneur de laisser.

    Pour Benchâabane, ce festival pourra ensuite servir d'occasion pour démontrer à l'échelle internationale que la cité ocre a tous les atouts pour s'ériger en destination jardins et d'écotourisme, notant que Marrakech dispose d'un patrimoine vert indéniable et ce, depuis l'ère des Almohades, jusqu'aux jardins dessinés par l'urbaniste français Le Porst sous le protectorat.

    "Nous sommes l'un des rares pays qui a plus de dix siècles d'histoire de jardin, c'est pourquoi il suffirait de mettre les moyens et de la volonté pour optimaliser ce patrimoine. Les jardins constituent pour une ville touristique, une valeur ajoutée certaine", a-t-il dit.

    Interrogé sur les grandes particularités de cette nouvelle édition placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, Benchâabane a tenu à préciser qu'elles se résument dans l'engagement social de cette manifestation, dans la mesure où il a été procédé depuis le début de l'année à la restauration des jardins de l'hôpital Al Antaki dans le cadre de l'opération"hôpital fleuri".

    Et d'ajouter que cette édition a été marquée aussi par une participation massive de jeunes écoliers qui, depuis mars dernier, ont suivi des formations pour réaliser des concours scolaires éphémères, faisant observer qu'une dizaine d'écoles de Marrakech ont participé à ce concours et quatre prix ont été décernés dans ce cadre, dont celui du public invité à voter pour un jardin.

    Benchâabane s'est dit fier, dans ce sens, de l'esprit créatif des jeunes écoliers, lequel ne cesse de s'améliorer d'année en année, notant que Jardin'Art 2010 a été honoré par la présence d'une pléiade d'artistes marocains, français, anglais, espagnoles et italiens avec des jardins éphémères ou des installations artistiques.

    Au sujet de la situation actuelle des jardins historiques dans la cité ocre, Benchâabane a déploré le fait que nombre d'espaces arborés ont disparus suite à l'engouement pour l'immobilier, estimant qu'il est temps d'agir pour sauver ce qui reste de ces espaces et ce, dans le cadre d'un partenariat fructueux et d'actions concertées entre la population, les élus, l'administration territoriale et la société civile. L'objectif étant que la cité ocre garde sa connotation de ville-jardin.

    "Les actions entreprises en matière de jardin jusqu'alors ont montré l'ampleur de ce qui reste à faire. Elles ont surtout démontré que l'on ne peut pas faire n'importe quoi en matière de restauration des jardins", a-t-il dit, faisant remarquer qu'il s'agit là d'un travail qui exige une grande expérience et de la passion, conjuguées à une parfaite connaissance de la vie des plantes et de l'histoire de chaque jardin.

    Benchâabane n'a pas manqué de souligner que "les jardins constituent toujours pour une ville, une valeur ajoutée considérable surtout pour une cité touristique comme Marrakech", rappelant que ces espaces jouent un rôle fondamental sur notre santé et notre bien-être, d'autant plus qu'ils peuvent être générateurs d'emplois et jouer un grand rôle éducatif et social.

    Et de poursuivre que le rôle du Jardin en tant que lieu où se tisse et se renforce les relations sociales n'est plus à démontrer, émettant le voeu de voir le patrimoine vert de Marrakech valorisé, et que ses palmiers, ses oliviers centenaires ainsi que ses arbres locaux et exotiques puissent échapper à l'extension urbanistique.

    Il a insisté, dans ce contexte, sur la nécessité de tirer profit des expériences réussies dans nombre de pays qui ont parvenu à maintenir l'équilibre entre le respect de l'environnement et l'urgence de répondre aux besoins des populations en matière de logement et d'infrastructures.

    "Le Maroc peut aussi y réussir et une ville comme Marrakech, qui a des atouts écologiques indéniables, pourrait servir de modèle à suivre et devenir la ville référence en matière de développement urbain durable", a conclu Benchâabane.



  • Clôture en apothéose de la 4ème édition du Festival de l'art du jardin
    Marrakech - Le rideau est tombé dimanche à Marrakech sur la 4ème édition du festival de l'art du jardin "Jardin'Art 2010" après trois jours riches en activités et en échanges fructueux entre des spécialistes, des botanistes, des paysagistes sur des questions liées à l'environnement et au jardin.
    Clôture en apothéose de la 4ème édition du Festival de l'art du jardin
    De l'avis des organisateurs, cette édition qui a transformé la cité ocre, le temps du festival, en un véritable jardin fleuri, se veut un franc succès à tous les niveaux y compris le volet organisationnel, outre le grand nombre d'artistes marocains et étrangers qu'elle a pu drainer.

    Initié sous le signe "Jardin et Santé", par le magazine spécialisé "Jardins du Maroc, Jardins du Monde", ce festival s'est fixé pour objectif de sensibiliser le public quant à la place de l'esthétique et de l'art du jardin dans la culture, et de soulever l'impératif de la protection de l'environnement et de la promotion de l'écotourisme.

    Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, ce festival a servi aussi d'espace de rencontre, d'échanges et de débats sur des questions d'actualité en rapport avec la protection de l'environnement et la promotion de l'art du Jardin en tant que pratique et culture.

    L'une des activités ayant marqué cette 4ème édition étant l'opération "hô pital fleuri" qui a porté sur l'aménagement et la valorisation des espaces verts de l'hô pital Al Antaki, à travers, entre autres, la plantation d'arbres, de plantes à fleur et de plantes aromatiques.

    A l'ordre du jour de cette manifestation, figuraient aussi une série d'activités associant l'art du jardin et la créativité, dont une exposition à Jnan El Harti des Jardins éphémères créés par des artistes, des associations, des entreprises et des paysagistes, outre une exposition des réalisations d'élèves dans le cadre du concours des jardins scolaires.

    Les festivaliers ont pu aussi participer à une opération de plantation de palmiers ainsi qu'à un salon des professionnels du jardin et de l'environnement, où ont été exposées les dernières innovations en matière d'aménagement du jardin et de protection de l'environnement.

    Un village des pépiniéristes, un forum réservé aux associations oeuvrant dans le domaine de la protection de l'environnement, ainsi que des contes et concerts de musique ont été organisés dans différents jardins de la ville ocre.

    Le public a été également au rendez-vous avec des ateliers sur le thème du jardin et de la protection de l'environnement destinés aux enfants et animés par des paysagistes, artistes et éducateurs, outre l'organisation d'une table ronde sur le thème "Jardin et Santé".

    Des visites-conférences de jardins publics et privés à Marrakech et dans la région, un hommage aux institutions et professionnels du jardin, des expositions de photographies, ainsi que des projections de films sur les plantes aromatiques et médicinales figuraient aussi au programme de cette édition.



  • Remise de prix concours "Terre de Femmes"
    Un vibrant hommage a été rendu samedi 13 février à Marrakech à trois femmes marocaines d'exception pour leurs actions louables au service de la protection de l'environnement et ce, dans le cadre de la première édition au Maroc et la 9ème à l'International du prix " Terre de Femmes " de la Fondation Yves Rocher- Institut de France.
    Remise de prix concours
    Parmi plusieurs dossiers reçus pour le Maroc, le jury du Prix " Terre de Femmes " a choisi de saluer l'action exemplaire de trois lauréates, car leur projet s'applique au quotidien à agir pour rendre le monde plus vert.
    C'est ainsi que le premier prix " Terre de Femmes " est revenu à Mme Ouafaa El Irari, vice présidente et membre fondatrice de l'Association Marocaine pour l'Ecotourisme et la Protection de la Nature (Rabat/Salé), pour la contribution à la sauvegarde de la forêt Mâamoura à travers la réalisation d'un écomusée.
    Quant au second prix, il a été remporté par Mlle Taârabt Rachmain de la Coopération " Tamounte " de la ville d'Essaouira pour l'extraction d'huile d'Argan et l'intégration de la femme rurale dans la préservation et la valorisation des ressources et produits d'argan.
    S'agissant du troisième prix, il est revenu à Mme Khadija Belekziz Chraïbi avec l'association Maghrebio Santé et Environnement de Marrakech pour l'aménagement d'un jardin scolaire en mode de production biologique, servant d'alimentation saine pour les élèves au niveau de la cantine d'une école primaire dans la cité ocre.
    S'exprimant à cette occasion, Moulay Ahmed Laraki, président du Jury de l'édition 2009/2010 du Prix " Terre de Femmes " a souligné l'importance de cet événement à vocation internationale pour le Maroc, se félicitant également de l'implication effective de la femme marocaine dans la préservation de l'environnement et de la diversité écologique.
    Et d'ajouter que cette initiative louable ne pourra qu'inciter d'autres femmes marocaines à doubler d'efforts en matière de protection de l'environnement, estimant qu'il appartient à tout un chacun et quelque soit sa position de lutter contre les différentes formes de dégradation des milieux naturels.
    Les trois lauréates du prix " Terre de Femmes " se sont dites, quant à elles, honorées par cette distinction, réitérant leur détermination à persévérer dans cette voie et à multiplier les actions et les projets visant la protection de l'environnement.
    Le prix " Terre de Femmes " de la Fondation Yves Rocher- Institut de France est né il y a 8 ans et met à l'honneur les femmes éco- citoyennes. Ce prix est aujourd'hui porté par 15 nations d'Europe, du Maghreb et d'Amérique du nord.
    Créée en 1991, la Fondation Yves Rocher contribue à la conduite d'actions locales et globales de conservation de la nature, de la solidarité et d'éducation à l'environnement dans plus de 50 pays du monde. Elle œuvre pour " un monde plus vert " à travers deux actions phare à savoir : prix "Terre de Femmes " et l'opération " Plantons pour la planète "



  • Agdals du Haut Atlas de Marrakech, Les Azibs du Yagour
    Les populations des zones montagneuses du Maghreb connaissent des évolutions qui placent leur patrimoine naturel et culturel au cœur des préoccupations environnementales et de développement socio-économique (écotourisme, aires protégées…). Sous l’impulsion des organisations internationales il est apparu important de mettre en avant les savoirs et pratiques des populations locales, leurs capacités d’organisation, etc. Dans ce contexte, les systèmes agdal méritent d’être pris en compte, tant dans les sciences de la vie que dans les sciences sociales ( Programme AGDAL,2003-2007 ).
    Le mot agdal désigne des systèmes de contrôle communautaire et traditionnel des ressources sylvopastorales des sociétés berbères du Haut Atlas. En termes strictement agronomiques il s’agit de la mise en défens saisonnière d’un espace ou d’une ressource pour assurer un repos minimal à la végétation et permettre la reconstitution des réserves des espèces végétales dans la période très sensible du redémarrage de la croissance.
    Le terme agdal (pluriel : igoudlane) a des étymologie et signification complexes. Selon certains, ce mot proviendrait d’une racine berbère vivante au Maroc et chez les Touaregs de l’Aïr, que l’on retrouve jusqu’en Tunisie, indiquant probablement une large répartition de ces pratiques de gestion dans le passé. Il s’agit le plus souvent de mises en défens temporaires dont les décisions d’ouverture et de fermeture sont débattues au sein des jma’at (assemblées coutumières). D’autres font dériver agdal d’un verbe qui désignerait « faire paître le bétail dans une prairie ». Dans d’autres régions du Maroc, le mot agdal veut dire aussi grenier, ou bien encore il fait référence à un grand bassin d’eau. Autour du Yagour, l’agdal désigne trois choses : d’abord, le territoire pastoral propriété de toute la tribu, les riches prairies de propriété communale au niveau des douars, enfin des parcelles privées ayant des prairies très grasses, soumises à l’irrigation artificielle.
    Cependant, le professeur Mohamed El Faïz a montré que l’agdal est un concept qui existe aussi dans les sociétés non berbères, puisque « durant les neuf siècles de son histoire, la ville de Marrakech a accumulé un patrimoine vert impressionnant. C’est dans cette ville que l’art des jardins est né au XIIème siècle. (…) (Dans) un style nouveau, celui du « jardin almohade » (l’Agdâl de Marrakech) (…), avec immenses vergers, ses grands bassins, ses monuments de l’eau, ses pavillons (…) parce que ses créateurs ne se sont pas cantonnés à une imitation servile du modèle oriental. (…) Les Berbères venant du Haut Atlas ont vu dans ce jardin naissant l’enclos familier de leurs montagnes (…) Ils l’ont appelé agdal pour conserver cette évocation des verts pâturages et le souvenir de leurs alpages. (…) Une fois l’immense enclos de l’Agdâl de Marrakech achevé, les Almohades ont cherché à porter le plus loin possible son rayonnement. Le même modèle fut réalisé à Rabat, Gibraltar et Séville »

    Situation géographique du Yagour
    A moins de 50 kilomètres à vol d’oiseau au sud de Marrakech, mais d’accès encore très difficile, le plateau du Yagour est un territoire pastoral de plus de 70 Km?, appartenant à la partie la plus montagnarde de la tribu Mesioua. Il se situe entre 1900 et 2700 mètres d’altitude, voire plus haut vers la montagne sacrée le Meltsène qui culmine, elle, à 3600 m. Le Yagour est particulièrement utilisé comme lieu de pâturage d’été, accueillant plus de 7000 personnes chaque année en provenance de près d’une cinquantaine de douars plus ou moins proches.

    Représentations sociales de l’agdal du Yagour
    L’agdal du Yagour est peut-être avant tout, un espace caractérisé par une végétation sous forme de prairie. Les représentations qui lui sont associées par les pasteurs le renvoient souvent vers l’idée d’un espace mythique. Sur le Yagour, les rites de fécondité sont déjà présents chez les pasteurs paléoberbères de l’âge du bronze (4000 à 2500 ans avant notre ère), comme en témoigne la profusion des symboles gravés sur les grès rouges de ces « olympes » pastoraux, tels qu’ils ont été décrits par A. Simoneau en 1967.

    L’agdal du Yagour désigne à la fois le territoire et l’institution. Les gens parlent alors de l’agdal n’Yagour ou tout simplement de l’agdal pour se référer aux hautes terres de pâturage, voire même pour se référer à l’azib qui est l’enclos des animaux -ou bergerie- et l’espace environnant. Les azibs sont les points focaux de l’occupation des territoires pastoraux. Posséder un azib et/ou en avoir l’usage, c’est maîtriser l’espace pastoral alentour. A ce titre, il y a bien une véritable stratégie de la part des éleveurs pour les occuper à différentes saisons compte tenu des ressources disponibles et des dates d’ouverture et de fermeture des agdals. Dans tous les cas, l’azib est un habitat pour le berger et sa famille ainsi qu’un enclos où le troupeau est enfermé la nuit et où se concentre le fumier.

    Le système de l’agdal est une sorte de jardinage profondément marocain, voire maghrébin. Mis à l’épreuve à travers les siècles et adaptable aux variabilités climatiques, voire aux changements sociaux, il a su survivre et continue à aménager constamment les ressources naturelles et les paysages du Haut Atlas. En fait, l’agdal favorise une haute biodiversité par son utilisation spécialisée de la terre : l'espace n’est pas pâturé du printemps à l’été et la couverture de végétation est également plus haute dans l'agdal que dans les zones autour qui sont soumises à d’autres types de gestion.
    En même temps, l’agdal du Yagour contribue à l'économie locale, principalement de trois manières. D'abord, l'agdal fournit environ 20% des besoins annuels en fourrage animal. Mais plus important encore, la contribution de l’agdal en termes de fourrage arrive au milieu de l'été, quand d'autres pâturages n’ont plus rien à offrir. En second lieu, l'agdal fournit des engrais animaux clefs pour les secteurs agricoles des bases terres, rendant ces terroirs beaucoup plus rentables. Et en dernier lieu, l'agdal fournit un revenu de plus en plus important aux familles par le biais de l'ecoturisme émergeant, dont le but est le plus souvent de faire connaître l’héritage naturel et culturel de l'agdal.
    A part les magnifiques paysages qu’il sculpte et entretient, les légendes qui accompagnent l’institution de l’agdal sont nombreuses dans ces montagnes. Au Yagour on entend souvent des récits sur un homme habillé en blanc sur son cheval également blanc qui apparaît chaque année dès la mise en défens du Yagour, pour sauvegarder l’agdal des voleurs d’herbe malhonnêtes en les punissant de différentes manières. Ou celui des 360 saints tournant ensemble pour assurer la surveillance du Yagour avec leurs chevaux et leurs dromadaires, symboles des grandes caravanes, des longs voyages et témoignages de dévouement et de respect.
    Autour du Yagour on trouve aussi de nombreux espaces situés à proximité des marabouts, notamment des cimetières, qui sont appelés tagdalt (petit agdal) et sont pourvus d’une végétation abondante, protégés en permanence de la dent du bétail et de tout prélèvement par la seule puissance des croyances et des interdits qui pèsent sur ces lieux sacrés.
    Tagdalt (petit agdal) d’un cimetière berbère avec un résultat écologique évident (pool de biodiversité et point de diffusion de semis) : le village d’Ikkis

    Le système de gestion communautaire de l’agdal doit être promu comme une utilisation de la terre économiquement durable et écologiquement enrichissante. En fait, le système de l’agdal pourrait même être pris comme un outil au service du développement, spécialement au travers de son nouveau potentiel dans l’écotourisme local en émergence. L’agdal du Yagour est un exemple de « conservationnisme » qui met en avant le rôle essentiel des activités agro-pastorales de l’Homme dans l’entretien et la sauvegarde de l’environnement face aux
    « préservationnistes-sanctuaristes » qui excluent l’Homme et ses différentes activités. Dans ce sens il deviendrait un outil fondamental de jardinage et d’aménagement paysager à ne pas négliger. D’autant plus qu’il s’agit d’une institution ayant toujours une légitimité locale et s’appuyant sur de réelles compétences en matière de gestion des ressources renouvelables !

    L’agdal peut être en même temps, un symbole de la culture marocaine amazigh (berbère). Amazigh, homme noble ou homme valeureux. Cette dénomination « nouvelle » qui est reprise du passé, tend à se substituer à celle de « Berbère » provenant du mot gréco-latin « barbari ». Elle tend à être donnée de plus en plus aux populations berbérophones ou autres qui veulent se considérer comme des maghrébins autochtones non arabes. Le terme est notamment utilisé par de nombreux groupes politiques berbértisants. Sur le plan scientifique, la richesse et la diversité des formes d’organisation sociale de l’accès aux ressources pastorales et forestières dans les sociétés amazigh du Haut Atlas marocain, soulèvent de nombreuses questions relatives aux régimes de propriété commune, à la structure des droits, aux implications économiques, démographiques, sociales et culturelles. A ce propos, loin d’être un handicap, l’agdal pourrait faciliter la mise en œuvre du développement.

    Toutefois deux conclusions provisoires peuvent être avancées. Ignorer les agdals, pourrait vouloir dire se priver des apports d’un système effectif et légitime en matière de conservation et développement. Mais institutionnaliser l’agdal par des biais étrangers à la société locale tels que la patrimonialisation par l’état, la folklorisation, l’artificialisation des célébrations, etc. risquerait de le tuer en le vidant de sa substance… Que retenir finalement du développement durable des sociétés montagnardes amazigh et de leur façon de comprendre la nature sinon la volonté politique de donner à la société locale l’opportunité de continuer à maîtriser son devenir, sa relation au sacré, ses biens communs et ses ressources naturelles collectives, base économique majoritaire de tout leur système écologique ?
    A ce titre, on peut noter que l’Oukaïmeden à quelques kilomètres à vol d’oiseau du Yagour, est également un agdal qui fonctionne de la même façon.




  • Palais al Bahia
    Parfait chef d’œuvre de l’architecture marocaine du XIXème siècle, le Palais al Bahia raconte l’histoire prestigieuse de son bâtisseur, le vizir Ba Ahmad, l’une des prestigieuses figures qui ont occupé une place prépondérante dans l’histoire du Maroc.
    Palais al Bahia
    Ce palais fut, en fait, construit sur deux étapes. Un premier ensemble a été érigé en 1866 – 1867 par Si Moussa, Vizir du Sultan Mohammed Ben Abd Er Rahmane (1822 - 1859), l’autre, de plus grande ampleur, par le grand vizir, Ahmed ben Moussa dit Ba Ahmad (1841 – 1900), celui-ci a assuré la régence des souverains Hassan I (1873 – 1894) et Abdelaziz (1894 – 1908). Il fut le véritable maître du Maroc entre 1894 et 1900, période pendant laquelle il gouverna au nom de Moulay Abdelaziz, à peine âgé de 14 ans lorsqu’il fut proclamé Sultan.

    La partie ancienne de ce palais, et qui correspond à la demeure de Si Moussa, épouse un tracé simple et cohérent. Elle comprend la cour du nord pavée de marbre, dans laquelle sont aménagés deux bassins en étoile, un remarquable jardin de forme rectangulaire, oc-cupé d’une petite vasque au centre, ainsi que deux belles salles qui encadrent le riyad. Cet ensemble a subi des réaménagements lors de la construction du reste du palais par Ba Ahmad.
    La partie récente est un immense palais dont la construction a duré sept ans sans interruption. L’ensemble est construit de plain pied, presque entièrement en rez-de-chaussée, avec un unique menzeh au premier étage, ajouté par le Bacha El Glaoui après le décès de Ba Ahmad.
    Cette partie est très compartimentée, elle est constituée de diverses unités conçues selon le modèle des demeures traditionnelles. Fermées de l’extérieur, elles s’ouvrent sur une ou plusieurs cours intérieures agrémentées de jardins et de fontaines et entourées de galeries. Les dif-férentes pièces sont abondamment décorées de motifs peints, sculptés dans le bois, et le stuc ou bien réalisés en zellij.
    Ba Ahmad recevait les gens du gouvernement dans la grande salle du conseil au plafond peint et ajouré. Elle ouvre sur le petit riyad, somptueux jardin intérieur, synonyme de havre de silence et de fraîcheur. C’est là que furent aménagés, durant la période du protectorat, les bureaux du maréchal Lyautey.
    Les appartements de Ba Ahmad occupaient les quatre chambres qui donnent sur la petite cour à ciel ouvert entièrement carrelée de marbre et de zellij. Ces chambres ont été transformées du temps de Lyautey en chambres des officiels.
    L’appartement privé est constitué d’un espace couvert d’un plafond richement décoré, éclairé par des panneaux de plâtre sculpté et finement ajouré. Il est bordé de deux salles et de deux niches.
    La partie la plus intéressante de ces constru-ctions est certainement celle qui com-prend une immense cour de 50 sur 30 mètres, pavée de marbre et de zellij et ceinte d’une galerie à colonnes en bois peint découpé, de style italien. Jean Gallotti a écrit dans ‘Le Jardin et la Maison arabes au Maroc’ qu’on lui a rapporté ‘que ce serait de cette cour que le palais aurait tiré son nom. Il n’y avait à cet endroit qu’un terrain découvert avec des jeux, des manèges et des balançoires, où la famille de Ba Ahmad prenait ses ébats…’
    La particularité de cet espace est accentuée par la présence d’une importante salle de réception qui ouvre sur la cour de marbre. Dite salle d’honneur, elle est la plus grande pièce du palais (20m x 8m), elle est surmontée d’un plafond peint d’une grande beauté.
    Au-delà de cette cour on accède à l’Agdal de Ba Ahmad, immense verger où poussent les oliviers, les palmiers dattiers, les citronniers, les orangers… il est pourvu d’un grand bassin.
    L’unité de chacune de ces parties du palais, prise séparément, contraste lourdement avec l’incohérence de l’ensemble.
    En effet, le palais qui s’étend sur à peu près huit hectares, ne répond à aucun schéma logique. Il s’agit d’une extension, en longueur, de plusieurs unités, qui se sont greffées progressivement l’une sur l’autre et qui sont complètement désaxées les unes par rapport aux autres. C’est une suite de cours, de jardins, de salons et de couloirs où le visiteur, fasciné par la splendeur des lieux et le raffinement de la décoration, pourrait facilement se perdre.

    Cet ensemble architectural ne semble pas avoir été réalisé selon un plan pré-établi, fait étonnant, lorsque l’on sait que la Bahia est l’œuvre de l’architecte marocain El Haj Mohammed ben Mekki el Misfioui. Celui-ci, selon ce qui est avancé par Gaston Deverdun dans son ouvrage ‘Marrakech, des origines à 1912’ avait appris à réaliser des plans auprès du Capitaine Erckman, ancien chef de la Mission militaire française et aurait laissé derrière lui une importante collection de relevés d’architecture.
    A quoi est donc due cette apparente incohér-ence ? Est ce le fruit d’un caprice sans art et d’une fantaisie non réfléchie, comme disait Deverdun ? Est-ce un agencement de patios et de jardins réalisés au fur et à mesure que la famille de Ba Ahmad s’agrandissait ou au gré des acquisitions de terrains, au point où toute la voirie du quartier en est bouleversée ? Ou est ce plutôt un labyrinthe crée pour répondre à un souci de sécurité et afin de s’assurer des issues de secours, ce qui expliquerait probablement le grand nombre de portes de sorties du palais ? Les menaces pesaient de partout sur Ba Ahmad, fait qui pourrait plaider en faveur de cette dernière thèse.

    Actuellement, les guides se plaisent à raconter que la Bahia ‘la Resplendissante’ est le nom de l’une des concubines de Ba Ahmad. Il aurait, donc, selon eux construit cette succession d’appartements pour loger sa bahia, sa famille ainsi que ses nombreuses autres concubines. Ce serait alors un conte digne des milles et une nuit.
    Un conte auquel le visiteur est tenté de croire quand il se retrouve dans cette atmosphère d’immensité et de sérénité qui règne sur les lieux. Il suffit de franchir la porte du premier riyad, pour que le monde extérieur soit oublié ! L’effervescence de la rue cède la place à la quiétude, le rêve supplante la réalité. Perdu dans la contemplation des motifs géométriques et des décors floraux, du bois, du stuc et du zellij, dans leur infinie variété, et emporté par les odeurs du temps et des plantes qui ornent ses nombreux jardins, le visiteur se laisse entraîner par l’illogisme de ce palais jusqu’à lui faire oublier d’où il est entré et d’où il devrait sortir.

    Ainsi et paradoxalement c’est de son désé-quilibre, supposé la dénuer de tout charme, que la Bahia tire son unicité et sa splendeur.





  • Ahmed Essyad : Un gentleman-farmer
    Ahmed Essyad : Un gentleman-farmer
    Ahmed Essyad vit dans une ferme située à quelques kilomètres du centre de la commune d’Oued Jdida entre Meknès et Fès. Il s’y est installé en 1995 après être venu une première fois dans ce lieu en 1987 pour une période de deux ans. Il résida ensuite pendant quatre ans dans le bâtiment de la chartreuse d’Avignon, tandis que son frère prenait la ferme en charge. Puis il revint au Maroc dans cette terre de silence qui est pour lui comme une autre chartreuse. Lieu magique où l’on se trouve à distance de tous les bruits, à distance de soi-même également. La ferme est louée à un Meknassi aujourd’hui installé à Casablanca. Dans l’exploitation, on trouve des arbres, des oliviers plantés en lignes, et des céréales présentes dans l’espace qui sépare les arbres. Il a aussi un poulailler avec des volailles diverses, des moutons d’espèces différentes, des chevaux et un âne du Poitou, dont la présence paraît quelque peu incongrue dans cet environnement. Nous sommes accueillis par la jeune épouse d’Ahmed Essyad, Saïda, par sa fille Leïla, par l’employée de maison et un commis qui habite un écart situé non loin de la ferme enfin par le chien, un braque coloré et affectueux appelé, évidemment, Picasso.

    Jardins du Maroc : Vous êtes né à Salé en 1938. Pourquoi portez-vous le nom d’Essyad ? Il y a, en langue arabe ambiguïté, ce nom pouvant qualifier autant un pêcheur qu’un chasseur.

    Ahmed Essyad : Mon père était chasseur. Mon grand-père était chasseur. Aussi l’officier d’état civil, lorsqu’il a fallu trouver un nom, a trouvé tout naturel, les connaissant, de leur donner ce nom-là. Mon grand-père chassait le lièvre à cheval au moyen d’un faucon dressé. Il allait, le plus souvent, dans le Gharb, à l’Est de la ville de Salé où il demeurait. La zone était très giboyeuse. On trouvait des sangliers à quelques kilomètres de Rabat, à la hauteur du centre d’éducation populaire qui se trouvait dans la forêt de la Maâmora. Il faut dire que les comportements des anciens chasseurs marocains différaient du tout au tout de ceux des chasseurs actuels. On peut, en effet, les appeler désormais des « viandards » puisque leur plaisir est de tuer pour tuer et non plus pour manger. Leur but est de faire des tableaux de chasse. Pour cela, ils lâchent, artificiellement, un gibier d’élevage, incapable de se défendre dans des chasses amodiées comme celles qui existent dans la région d’Ouezzane. Et ils ne peuvent alors chasser que les animaux qu’ils ont libérés aux fins de la chasse comme des perdreaux, des lièvres ou des sangliers. Aujourd’hui, les vrais animaux sauvages, comme les gazelles, ont été massacrés.
    Ce ne sont pas les Européens qui ont accompli ces actes. Ces grands massacres ont eu lieu tout de suite après l’Indépendance lorsque les règlements précédents ne furent plus respectés. Les nouveaux chasseurs partaient en Land-Rovers et massacraient les troupeaux. Il n’y a pas eu que les gazelles qui furent victimes de ces massacreurs. Les mouflons payèrent aussi un lourd tribut. Ces faits eurent lieu un peu partout, en particulier au jbel Ayachi qui est maintenant une réserve de chasse bien contrôlée. Toutefois, le comptage qui fut fait dans cette zone, tout de suite après l’Indépendance, releva le nombre de 4 000 têtes. Il n’y en a plus que 500 actuellement.
    Ce problème est général en Afrique et peut-être dans le tiers-monde. Il vient du fait que les nouvelles générations n’ont plus d’éducation écologique. Alors qu’auparavant, tant qu’existèrent les groupes d’‘Abidat rma au Maroc, les pratiques étaient différentes. Les ‘Abidat rma étaient organisés comme une confrérie soufie. Ils refusaient les armes à feu n’utilisant, comme au Japon, que le tir à l’arc. Et ces hommes, qui savaient quel était le sens du tir, qu’en réalité, ils tiraient sur eux-mêmes et non sur le gibier, avaient une éthique du prélèvement et un très grand respect du gibier. Dans leur groupe ne pouvait pas monter qui voulait à cheval. De même ne pouvait pas tirer celui qui le voulait et particulièrement celui qui ne prétendait le faire que pour son plaisir. Moi-même, j’ai connu une période d’apprentissage de deux ans imposée par mon propre père. Et durant cette période, je n’avais pas le droit de toucher un fusil. Ce fut mon initiation.
    Cette éthique des ‘Abidat rma a disparu après l’Indépendance. La petite bourgeoisie urbaine pratique la chasse désormais comme un sport et elle a introduit la notion de « tableau de chasse » qui n’existait pas auparavant chez les rma-s. Aujourd’hui, la chasse au faucon n’existe plus que dans les Doukkala. Le problème est que ces nouveaux chasseurs prétendent détenir la vérité.

    Jardins du Maroc : Quel est votre lien avec la terre ?

    Ahmed Essyad : Le rapport de tout être avec la terre est racinal. Nous sommes issus de l’argile. Et tout ce qui concerne la terre nous concerne également. Durant cette année 2008, nous avons subi une calamité, les gelées qui ont duré trois jours et qui ont détruit la récolte des oliviers sauf dans les parties basses des arbres sous le feuillage. Car nous ne sommes pas ici en zone irriguée où une deuxième floraison a pu avoir lieu. Et cela nous touche profondément car nous sommes dans des pays où, comme en Espagne, il y a une vraie civilisation de l’olivier, un peu comme ce qui concerne le vin en France. Ici, dans cette ferme, je trouve paix, silence, une distance aussi avec le mouvement quotidien des cités. C’est aussi, pour moi, un retour à l’enfance où j’étais partagé entre l’école libre Nahda du nationaliste Qâdirî de Salé et l’exploitation agricole de mon père. Comme l’espace bâti, à l’époque, n’atteignait pas encore les remparts de la ville de Salé, cette exploitation était en partie, pour les deux hectares de maraîchage, intra-muros. Le reste se situait sur le plateau de Bettana, mais aussi en bordure de mer dans la zone de Sidi Moussa. J’ai travaillé très jeune dans cette exploitation où je savais tout faire, de l’extraction des eaux par des mulets, car il n’y avait pas de pompe mécanique à cette époque, à leur partage et à l’irrigation des plantes. Une douzaine de bêtes était affectée à cette tâche qui mobilisait trois bêtes durant la journée et deux durant la nuit. Nous avions également quelques chevaux. Chaque semaine, nous les amenions dans l’estuaire pour qu’ils puissent prendre un bain. C’est ainsi que j’ai appris à nager très jeune en m’accrochant à la queue d’un cheval. Nous avions aussi des vaches laitières. À cette époque, il y avait encore de 70 à 80 % des Marocains qui étaient paysans.
    J’ai vécu en France à partir de 1962 et mon rapport à la terre s’est donc distendu. Mais il n’a jamais été coupé car je revenais chaque année passer de deux à trois mois au Maroc, en grande partie dans la ferme de mon père dont le bassin destiné à l’irrigation, qui avait deux mètres et demi de profondeur, servait de piscine pour mes enfants.

    Jardins du Maroc : Que cultivez-vous ici ?

    Ahmed Essyad : La ferme est composée de bandes de céréales séparées par des oliviers. Nous produisons donc des olives et du bétail, chevaux, moutons et volaille que nous avons dû récemment enfermer à cause de la grippe aviaire. La vente des moutons équilibre juste les salaires des cinq ouvriers et les dépenses de l’élevage comme les vaccins des animaux. Mais il y a d’autres frais comme l’entretien du tracteur. Cette année, cela ira mieux à cause des pluies. Il y a maintenant un peu d’eau dans le puits. Mais ce n’était pas le cas les années précédentes. Les dépenses annuelles sont, dans ce secteur, actuellement, de 5 000 Dh par hectare. C’est mon épouse qui fait les comptes de la ferme et en contrôle la gestion. C’est aussi elle qui tient désormais le livre des naissances des animaux et qui administre les vaccins. Elle donne aussi aux animaux leurs noms selon les lettres imposées par l’année de naissance. C’est ainsi qu’un de nos chiens, né l’année du V, est devenu Verdi. Aussi envisageons-nous, avec mon épouse, de transformer cette ferme en maison d’hôtes afin d’avoir des revenus supplémentaires. Nous avons déjà une chambre dans la ferme et une maison de berger à proximité de la ferme principale.

    Jardins du Maroc : Comment varient les rendements des céréales ?

    Ahmed Essyad : L’eau n’existe que dans la vallée située entre le plateau où nous nous trouvons et le massif du Zerhoun. Nous sommes ici en zone bour. La nappe phréatique est inexistante, peut-être même inatteignable. Un forage de 250 m a été réalisé sans succès. Certains pensent qu’il faudrait descendre jusqu’à 900 m. On est en présence d’une nappe stratégique car d’elle dépendent les activités des agriculteurs, mais qui comprend cette notion actuellement au Maroc où les prélèvements les plus anarchiques sont tolérés ? Ce qui est incroyable, c’est qu’il y a vingt ans, il y avait trop d’eau ici. Mais il faut dire qu’on ne trouvait un puits que tous les 300 ou 400 mètres dans la zone qui surplombe notre région entre le Moyen-Atlas et la vallée. Dans la même zone, il y a aujourd’hui de deux à trois puits à l’hectare. J’ai donc vu, peu à peu, toutes les sources tarir, les nappes ont baissé, ce à quoi il faut ajouter un déficit terrible de pluviométrie. Ceux qui ne vivent pas près de la terre ne se rendent pas compte de la catastrophe qui se prépare. Je peux aussi donner l’exemple de la seguia de l’oued Jdida destinée à irriguer les champs bordant cette petite rivière. Il y a quelques années, elle descendait deux ou trois kilomètres plus bas que son terme actuel dans une zone de roseaux. J’ai pu encore l’utiliser cette année, mais je ne sais pas ce qu’il en sera l’an prochain. Je ne pourrai, peut-être, plus le faire. Moi-même, qui suis passionné de pêche à la truite, je vois disparaître les ruisseaux du Moyen-Atlas ou du Haut-Atlas, tout particulièrement en amont de Demnate. La situation est devenue tellement dramatique que les petits bergers peuvent attraper les truites à la main. J’ai vu les rivières devenir de petits ruisseaux et j’ai vu disparaître les petits ruisseaux. Il faut le savoir pour comprendre notre situation. Ici, les rendements varient, pour cette raison, de 1 à 10 d’une année à l’autre et cela sans aucune prévision possible à la différence des zones irriguées où l’on peut faire des calculs et donc analyser, par exemple, les conséquences d’un prêt sur le moyen terme.

    Jardins du Maroc : Quelles sont les céréales que vous cultivez ?

    Ahmed Essyad : Il s’agit d’orge. Il est protégé du vent par les rangées d’oliviers. Cette plante est coupée, séchée au sol puis bottelée afin de réaliser des réserves pour les animaux.

    Jardins du Maroc : Mais l’activité principale n’est pas la culture des céréales puisque celles-ci sont destinées à la nourriture des animaux. Quels sont les animaux que vous élevez ?

    Ahmed Essyad : Essentiellement des moutons de race Timahdit, aux têtes brunes caractéristiques, et des Sardi, aux têtes blanches et noires, mais aussi des Mérinos d’origine européenne utilisés, comme les Lacaune et les Île-de-France pour l’amélioration génétique de ces moutons. La race Timahdit est la race du Moyen-Atlas. Elle est réputée et appréciée pour sa bonne conformation, sa facilité d’engraissement, son rendement en carcasse et sa rusticité. Elle a un gabarit moyen pour les femelles 45 à 55 kg et pour les mâles 60 à 80 kg. Cette race possède une tête brune fauve uniforme. La laine et les pattes sont de couleur blanche. Le profil est brusqué et le chanfrein est droit et assez épais. Les cornes, absentes chez la femelle, sont régulières chez le mâle. La toison est relativement bien fournie, ce qui confère à l’animal une bonne résistance à la pluie, la neige et le froid. La race Sardi est très bien adaptée aux parcours assez pauvres des plateaux de l’Ouest (Beni Meskine, Chaouia, Tadla et Sraghna), Les races marocaines sont assez proches génétiquement, mais éloignées des races françaises.
    On constate qu’il n’y a pas de races pures dans la ferme. Nous ne sommes pas ici dans une zone dite « berceau de race », aussi pouvons-nous faire tous les croisements possibles. Les moutons croisés bénéficient, en effet, des qualités de chacune des races d’origine, qu’il s’agisse de la viande ou de la laine. Car nous tondons régulièrement les moutons pour en vendre la laine. Nous produisons de la laine naturellement de couleur marron foncé qui sera ensuite utilisée telle quelle. Elle est très résistante et donc recherchée pour cela. Il n’en est pas de même pour les laines qui seront ensuite artificiellement colorées. En ce qui concerne la viande, les moutons sont surtout vendus pour l’aïd. Mais, pour bien les vendre, il est nécessaire qu’ils aient des cornes bien apparentes. Cela impose de les élever en batterie, ce que nous faisons ici et ceci nous donne un avantage sur ceux qui élèvent leurs moutons en plein air. Ainsi, nos moutons sont plus gros car nous disposons d’aliments de bonne qualité et ils seront mieux vendus.
    J’ai appris sur le tas à maîtriser l’élevage des moutons. Mon premier projet était de n’élever que la race Timhadit, mais je me suis rapidement rendu compte qu’il était difficile de la faire loin du berceau de la race. Je ne bénéficiais pas du réseau des circuits associatifs. En associant diverses races, dont des Oujdis, je suis proprement en train de créer une race locale spécifique à la région d’Oued Jdida. Pour cela, j’ai longuement tâtonné avec les Île-de-France et les Mérinos précoces. J’ai sélectionné au cours du temps des agnelles en fonction de leur qualité de résistance dans les terres d’ici, mais aussi de la qualité de leur viande que je vends à Meknès. Je ne produis pas de lait en raison du manque d’eau. Quelques éleveurs seulement dans cette région font de la chèvre laitière car ils disposent de verdure en quantité suffisante.

    Jardins du Maroc : Y a-t-il des prédateurs ?

    Ahmed Essyad : Tout récemment, une couleuvre est venue manger un colvert de l’élevage. Mais il n’y a plus de fouine en ce moment. Non loin d’ici, une vipère vient de tuer un paysan qui voulait la tuer en soulevant une pierre à mains nues. Il a alors été mordu au petit doigt. Les paysans sont alors partis chasser ce serpent et ils l’ont tué à coups de pierres.

    Jardins du Maroc : Il y a aussi des chevaux ?

    Ahmed Essyad : Je possède une pouliche arabe barbe que j’ai trouvée par une chance extraordinaire. Mon épouse voulait me faire un cadeau. Je me trouvais alors au Souk Khmis de Fès et je suis littéralement tombé sous le charme d’une pouliche qu’un éleveur de chevaux de course vendait à cause de ses crises d’asthme qui l’empêchait de courir. Or je ne désirais que monter ce cheval. J’ai débourré ensuite cette pouliche avant de l’emmener aux haras de Meknès pour la reproduction. On me demanda sa date de naissance et je m’aperçus qu’elle avait déjà 9 ans lorsqu’elle fut fécondée pour son premier poulain. Il est vrai que je la considérais comme étant mon enfant. Et je suis sûr que ma jument m’aime beaucoup. Elle porte actuellement un second poulain.
    On trouve donc ici des chevaux de race dont l’élevage est rendu possible par la présence du haras régional et jumenterie de Meknès qui permettent une monte de qualité. Il s’agit d’un des plus important des haras du Maghreb, voire de tout le bassin méditerranéen. Il comporte, en effet, sur 77 hectares, 200 étalons et une trentaine de juments (10 juments arabes, 12 barbes et 7 barbes arabes). On y sélectionne les animaux selon leur beauté et leur conformation et non selon leurs performances sportives. On y cherche, en particulier, d’y conserver la race barbe, une race locale. Mes deux chevaux ont été primés lors du concours des éleveurs de la Wilaya de Meknès-Tafilalet. Je suis fier de ma progéniture.
    J’ai été mis au courant de la technique d’élevage de « l’homme qui parlait à l’oreille des chevaux ». Les instructeurs équestres se veulent les maîtres des chevaux. Or il y a plusieurs façons de contraindre le cheval. On peut le faire par la dureté, la cruauté, la douleur. On peut aussi apprendre à « penser » cheval en se basant sur l’éthologie des partenaires. C’est ce qu’a fait un passionné du cheval qui a produit une nouvelle forme de « horsemanship », de domination par le cavalier. Ces nouveaux maîtres commencent par faire tourner le cheval en le chassant et en le regardant droit dans les yeux. L’animal commence alors à faire l’imbécile. Puis, à un moment, on constate qu’il dresse l’oreille. Enfin, il abaisse sa tête sur les sabots des pattes avant. On le fixe alors en direction de la croupe. Après cette phase d’observation, l’animal finit par aller vers l’homme et il pose sa tête sur son épaule en signe de soumission. Cette opération doit être répétée plusieurs fois, mais elle est, chaque fois, plus courte. Je l’ai vérifié, cela marche à la perfection.

    Jardins du Maroc : Y a-t-il des risques de grippe aviaire dans cette région ?

    Ahmed Essyad : Nous sommes dans une zone de passage des aigles, mais non des oiseaux migrateurs qui passent d’un continent à l’autre.

    Jardins du Maroc : Et vos chiens ?

    Ahmed Essyad : Ils ont parfois des regards qui ne plaisent pas toujours à mon épouse. Une fois, alors que j’étais absent, pour les calmer alors qu’ils étaient très excités, elle a dû utiliser mon parfum, ce qui a eu un effet immédiat.

    Jardins du Maroc : Le soir, quand vous êtes fatigué, que faites-vous actuellement ?

    Ahmed Essyad : J’écris actuellement de courtes pièces pour piano, des préludes, qui durent entre 4 et 10 minutes. J’ai deux projets, une pièce pour le cinquantième anniversaire, en 2012, des Percussions de Strasbourg auxquelles s’adjoindront un ensemble vocal et des musiciens du Haut-Atlas. Le chef permanent de l’orchestre de Casablanca m’a commandé une création mondiale. Je vais reprendre la mise en scène du Collier des ruses, le premier opéra qui ait jamais été écrit en langue arabe et que j’ai composé en 1977. Il a été repris au Théâtre National de Strasbourg en 1994. Ce fut une des œuvres qui a marqué le Festival d’Avignon. Mais pour cela, il est nécessaire de trouver de trois à quatre millions de dirhams. Je n’ai pas besoin de salle pour ce projet. Il me faut simplement trouver un lieu qui a du sens. J’avais pensé au fort de Salé, mais ce ne sera pas possible à cause des bruits de la mer et de l’acoustique du lieu puisque les murs renvoient les sons. Je termine la rédaction de mon cinquième opéra al-Hallâj. Je souhaiterais que sa création mondiale se fasse à Meknès. J’ai aussi envie que quelqu’un puisse filmer au Maroc cet opéra.




 
 
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